DIMANCHE 17 MAI 2026, 11H

TRIO SIMA, formé de Claire Dassesse (violon), Florestan Darbellay (violoncelle) et Nicolas Le Roy (piano)
Oeuvres d’Amy Beach, Rebecca Clarke et Leonard Bernstein 

 

AMY BEACH 

Pianiste remarquable, Amy Beach (5 septembre 1867 – 27 décembre 1944) fut aussi la première compositrice reconnue aux États-Unis et la première à être jouée par un orchestre symphonique. Récompensée à de nombreuses reprises, son parcours s’est révélé compliqué et elle ne doit ses accomplissements qu’à sa persévérance et à son talent hors normes.

L’été de ses 4 ans, privée du piano familial, elle compose mentalement trois valses qu’elle joue à sa famille en revenant à la maison. Et pourtant, la mère de la jeune fille refuse de lui enseigner le piano; elle devra attendre ses 6 ans pour démarrer son apprentissage et ses premiers récitals! Plusieurs agents souhaitent l’engager mais sa mère refuse afin de la protéger. La jeune musicienne se formera donc seule pour la théorie, l’harmonie et la composition.

À 16 ans, elle débute une belle carrière de pianiste, mais à 18 ans, l’année où sa première composition est éditée, il lui faut épouser Henry Harris Aubrey Beach, chirurgien de 42 ans qui exige qu’elle « vive selon son statut » et elle renonce à l’enseignement et aux concerts. Il tolère qu’elle compose, l’encourage même mais lui dénie le droit d’avoir un professeur ou de voyager pour rencontrer d’autres artistes.

Amy se plonge donc seule dans le répertoire – en particulier celui de Bach – et les traités de composition que ses amis lui ramènent de voyage. Elle écrit une symphonie qui sera jouée par l’orchestre de Boston et remportera un vif succès public et critique. Suivront un concerto, d’innombrables mélodies, des pièces pour piano ou ensembles… 

Son mari décède en 1910, sa mère en 1911. Amy Beach alterne alors longs séjours en Europe et aux Etats-Unis, où la nature environnante devient sa source d’inspiration. En marge de sa carrière de soliste relancée avec maestria et de la composition, elle mène un travail acharné pour transmettre et aider les jeunes artistes.

 

REBECCA CLARKE 

Rebecca Clarke (1886-1979), compositrice britannique, fut également l’une des grandes pionnières de l’alto. Ses compositions comptent parmi les plus belles œuvres vocales et de chambre du XXe siècle, dont beaucoup sont enseignées, jouées et diffusées dans le monde entier. Sa Sonate (1919) est reconnue comme l’une des plus grandes compositions jamais écrites pour l’alto et l’une des plus belles œuvres modernes pour violoncelle. Rebecca Clarke est l’une des premières musiciennes professionnelles d’Angleterre : elle commence sa carrière dans les orchestres anglais puis est acclamée lors de tournées en soliste et musique de chambre aux Etats-Unis. Rappelant tantôt Debussy tantôt l’inspiration modale britannique, ses compositions mêlent à la fois empreintes populaires, audaces harmoniques et rythmiques…

 

LÉONARD BERNSTEIN 

Artiste hors normes, à la fois pianiste, chef d’orchestre, Leonard Bernstein a acquis une popularité particulière avec la comédie musicale « West Side Story ». De 1959 à 1969, Bernstein fut directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de New York et créa des liens étroits avec l’Autriche, notamment avec le Konzerthaus de Vienne, le Festival de Salzbourg et l’Opéra d’Etat de Vienne. En 1987, il fut d’ailleurs nommé « Citoyen d’honneur de la ville de Vienne ».

Bernstein prit ses premières leçons de piano à l’âge de 11 ans, c’est en novembre 1943 qu’il prouve sont talent lors d’un concert au Carnegie Hall en remplaçant au pied levé Bruno Walter. Son interprétation de l’Ouverture de Manfred de Schumann et du Don Quichotte de Strauss fut diffusé dans tout le pays sur les ondes de Broadcasting. Il fut le premier directeur musical américain de l’Orchestre philharmonique de New York (1958-1969) mais aussi régulièrement, chef invité de l’Orchestre philarmonique de Vienne et de l’Orchestre symphonique du Bayerischer Rundfunk.  Bernstein a apporté une contribution significative à l’éducation musicale, notamment avec sa série télévisée Young People’s Concerts (concerts pour les jeunes). Son charisme, associé à son grand talent pour les langues et à son humour, a été source d’inspiration pour les enfants comme pour les adultes. Il donne également une série de conférences à l’Université de Harvard, où il établit une analogie entre les fondamentaux de la musique et les recherches linguistiques de Noam Chomsky.

CLAIRE DASSESSE

Claire Dassesse est née en 1989 à Bruxelles en Belgique ; issue d’une famille de musiciens, elle commence le violon dès son plus jeune âge. En 2004, elle entre à la Chapelle Reine Elisabeth en qualité de « jeune talent exceptionnel » sous la houlette d’Augustin Dumay et Tatiana Samouil. Elle intègre en 2006 le Conservatoire Royal Supérieur de Musique de Bruxelles dans la classe d’Igor Oistrakh et y obtient sa licence. De 2009 à 2011, elle étudie au conservatoire supérieur de Genève jusqu’à l’obtention de son Master puis, sur l’invitation de son professeur Mihaela Martin, intègre la Hochschule de Köln et y achève un double master avec grande distinction.
Entre 2013 et 2015, elle fait partie des rares élèves de l’institution admise en Konzertexam à la Hochschule de Cologne et y obtient le diplôme avec la plus grande distinction.
Depuis 2015, elle étudie un Master de Soliste à la Haute Ecole de Musique, toujours chez Mihaela Martin.
Elle a notamment suivi les masterclasses de Liviu Prunaru, Boris Kuschnir, Hermann, Petru Munenau, Marco Rizzi, Priya Mitchell, Stephan Picard, Mikhail Ovrustky, Gabor Tàkàcs, Zakhar Bron…
Au cours de ces années d’études, Claire a enrichi son palmarès de nombreux prix et distinctions ; lauréate des concours « jeunes musiciens RTBF », Lion’s Club, elle est également la gagnante des concours «jeune talent», «Jonge Solisten d’Ostende», du concours Brueguel, Didier Noé, Deru, Nancy Philippart…
En octobre 2011, elle remporte le prestigieux concours Henri Vieuxtemps. Elle a été l’invitée de nombreux festivals depuis son adolescence, parmi lesquels on peut citer le festival de l’Abbaye d’Aulne, les Estivales de Megève, les Schubertiades, les concerts du Covent Garden au cours desquels elle a collaboré avec des musiciens tels que François Guye, Tedi Papavrami, Christoph Schiller… Elle a joué de nombreuses fois en tant que soliste, notamment avec l’Orchestre de Zilina en Slovaquie, l’Orchestre des Pays de Savoie,…
Claire est également une musicienne d’orchestre aguerrie ; elle a notamment joué au sein de l’orchestre de chambre du prestigieux festival Verbier, a été premier violon solo du Sinfonietta de Genève en 2010. Actuellement, elle est titulaire à l’Orchestre de la Suisse Romande.

 

FLORESTAN DARBELLAY

Florestan Darbellay a commencé le violoncelle avec son grand-père, François Courvoisier, avant de rejoindre la classe de Denis Guy, au Conservatoire de Genève. En septembre 2004 il entre dans la classe de Marc Jaermann, à la haute école de musique de Lausanne où il obtient son diplôme d’enseignement avec les félicitations du jury. Par la suite, il suit les cours de Roel Dieltiens, à la « Zürich Hochschule der Kunst », avec lequel il prépare son « Master in art of Music » qu’il obtient en juin 2010. Il a ensuite bénéficié des conseils de Nicolas Hartmann (violoncelle solo de l’Orchestre National de Lyon) ainsi que de Lluis Claret.

Passionné par la musique de chambre, on a pu l’écouter dans de nombreuses formations allant du duo à l’orchestre de chambre. Il a été membre durant plusieurs années du Quatuor Boreas, du Trio Digit Ludi et de l’Orchestre Buissonnier. En 2014 il est co-fondateur de l’ensemble Fecimeo, et intègre en 2020 le Quatuor Terpsycordes. En tant que soliste, il a joué plusieurs concerti avec différents orchestres.

Très sensible à la recherche de l’interprétation historique, il joue depuis plusieurs années le répertoire baroque et classique sur instrument d’époque, collabore avec de nombreux ensembles, notamment l’Orquestra Barroca de Barcelona, Gli Angeli, La Cappella Mediterranea . En 2019, il fonde l’ensemble Archi Luminosi, avec lequel il explore la musique de chambre du XVIIIe et XIXe siècles, périodes de transitions, tant pour la composition que pour la lutherie.

 

NICOLAS LE ROY
Nicolas Le Roy commence ses études de piano à Lille et les poursuit au Conservatoire de Genève, où il obtient un diplôme de soliste et un diplôme d’accompagnateur. Il se perfectionne ensuite auprès des pianistes Pascal Rogé et Jean-François Antonioli. Passionné d’opéra, il collabore à de nombreuses productions en tant que chef de chant, notamment avec le Grand Théâtre de Genève. Il a été le pianiste officiel de Concours Internationaux tels que le CIEM (Concours International d’Exécution Musicale) ou Tibor Varga.

Actuellement, il se consacre à la musique de chambre dans différentes formations. Régulièrement en duo avec le violoncelliste Florestan Darbellay, en trio avec ce dernier et la violoniste Claire Dassesse. Il joue aussi en tant que soliste, notamment Beethoven, Liszt, de même que Olivier Messiaen, dont il interprète Regards sur l’Enfant-Jésus et Visions de l’Amen pour deux pianos.

Accompagnateur dans plusieurs classes de la Haute Ecole de Musique de Genève et Lausanne (HEMU), il collabore notamment avec les professeur.e.s Jacques Zoon, Emmanuel Séjourné, Brigitte Buxtorf, Pierre Wavre, Michel Becquet et Pierre-Stéphane Meugé.

Depuis mai 2018, il est aussi sonorisateur aux Amis musiquethéâtre et organise une série foisonnante de “Matinées classiques”, qui rencontre un plein succès auprès d’un public croissant.