LÉMAN BLEU

Les Yeux dans les Yeux

À propos de Misogynie à part


PASCAL DÉCAILLET
04.12.2018

Genève à chaud

À propos du Blues de la Bourgeoise


Interview de Françoise Courvoisier à 10’30”
PASCAL DÉCAILLET
30.10.2018

Les Yeux dans les Yeux

À propos de Vive la mariée!


PASCAL DÉCAILLET
10.09.2018

Les Yeux dans les Yeux

À propos de Mathilde


PASCAL DÉCAILLET
30.04.2018

Les Yeux dans les Yeux

À propos de l’ouverture de LES AMIS, musiquethéâtre


PASCAL DÉCAILLET
15.03.2018

TRIBUNE DE GENÈVE

À propos de Misogynie à part

Les Amis rendent sa niaque à Brassens

Rien qu’en le fredonnant, trois comédiens en verve mettent le copain d’abord.

Qu’on se rende à l’évidence: l’époque boude Georges Brassens. On juge ses ritournelles pauvres sur le plan musical. Ses textes, surtout depuis le mouvement #MeToo, heurtent les féministes. On lui préfère les refrains graveleux de Gainsbourg ou les doucereux d’Yves Duteil. Bref, il y a une certaine audace à entreprendre en 2018 sa réhabilitation. Ce culot, méritoire, revient à Françoise Courvoisier, une artiste connue chez nous pour n’avoir pas froid aux yeux.

Au Théâtre des Amis qu’elle a repris en début d’année, elle appose sans ambages sa signature visuelle à «Misogynie à part». Nappe Vichy, baguette, pinard et canapé de cuir rouge, la metteure en scène trimballe son style de la vieille ville à Carouge. Sa caution féminine, reconnaissable notamment à cette convivialité sans façon, devrait préserver le tour de chant qu’elle offre en cadeau de fin d’année du blâme pour phallocratie.

Son savoir-faire, lui, va plus loin que cela. Il se déclare d’abord dans le choix des morceaux retenus pour le spectacle, qui se détourne des plus populaires «Amoureux des bancs publics», «Brave Margot» ou «Parapluie», pour mettre en relief, précisément, les moins politiquement corrects «Je me suis fait tout petit», «La complainte des filles de joie» ou «Fernande».
Plus encore, l’intuition de la créative lui désigne les interprètes rêvés pour sortir le barde de la léthargie où il sommeille – et réactiver ses multiples jaillissements.

Diversement pourvus en pilosité faciale, Roland Vouilloz, Philippe Mathey et François Nadin, accompagnés du guitariste argentin Narciso Saùl, reflètent chacun une facette de la virilité brassensienne. Le premier, syllabes syncopées et regards entendus, fait saillir le poète: «un baiser pour de bon, un baiser libertin, un baiser sur la bouche, enfin bref, un patin», détache-t-il. Le deuxième, désabusé, goguenard, esquisse le séducteur, jamais avare de provocations: «95 fois sur cent, la femme s’emmerde en baisant», gouaille-t-il avec le renfort du public. Le troisième, lui, met sa mélodieuse émotion, aux accents parfois poignants, au service du romantique: «on pleure les lèvres absentes de toutes ces belles passantes».

Avec leur instrumentiste, mais sans l’apport du moindre commentaire ni de la moindre trame narrative, ils font chatoyer la tête, la sève et le cœur du chansonnier – jusqu’aux acmés successives atteintes par «Jeanne», «La prière» ou «Les amours d’antan». Ils dessinent tant la complexité que la profondeur du rapport aux femmes de l’immortel gorille. Sous les applaudissements continus du public, ils lui administrent une belle dose d’aphrodisiaque!
KATIA BERGER
30.11.2018

À propos d’Haldas Aufair

On rend visite à Haldas au bras d’Aufair 

Une grande figure de la scène va à la rencontre d’une grande figure de la littérature, toutes deux genevoises. La première, Maurice Aufair, retient les pages qu’elle préfère de la seconde, Georges Haldas, et en tire un spectacle sobrement intitulé “Haldas Aufair”. Dernière ce dimanche.
20-21.10.2018 (Mon dimanche à Genève)

À propos de Vive la mariée!

On célèbre un mariage à Carouge

Françoise Courvoisier rassemble ses amis à l’occasion de “Vive la mariée!”, un tour de chant tantôt festif, tantôt mélancolique, qui voit Christine Vouilloz, Felipe Castro, Floryane Hornung et Moncef Genoud reprend Michel Jonasz, Claude Nougaro, Julien Clerc ou Joe Dassin, selon l’humeur. Attention, dernière ce dimanche!
29-30.10.2018 (Mon dimanche à Genève)

 

LE TEMPS

À propos de Mathilde

Sexe entre adultes et adolescents? Une pièce en débat

Dans “Mathilde”, mise en scène par Françoise Courvoisier à Carouge, un mari et une femme s’affrontent sur le droit au désir versus le choix de la raison. Un questionnement courageux en ces temps d’étau moral resserré.

Un adulte qui couche avec un adolescent. Le sujet est, ces temps, particulièrement brulant. Dans “Mathilde” à découvrir à Genève au Théâtre des Amis, une écrivaine retrouve son mari après avoir été condamnée à 3 mois de prison à la suite d’une liaison avec un mineur. Dans cette relation, il n’était pas question d’amour, précise Véronique Olmi, l’auteure de cette pièce écrite en 2001, mais de désir et de plaisir. Une précision qui ajoute encore à la provocation. Françoise Courvoisier fait un choix courageux en montant ce texte aujourd’hui, alors que l’étau moral se resserre sérieusement, sinon dangereusement. (…)

Un acte illégal, point
“Le détournement de mineurs est un acte illégal, ce qui en a découlé est pure logique”, assène Pierre. “Mais puisque le désir n’est pas logique, comment peut-on logiquement enfermer quelqu’un pour son désir?”, questionne Mathilde qui résume ironique: “Chacun doit rester avec son double, sa moitié: vieillir ensemble et finir par se ressembler, confondre le mari et la femme avec le frère et la soeur… C’est plus sain?” “C’est dans l’ordre des choses”, répond le mari. “Je ne suis pas ordonnée”, conclut l’épouse rebelle. Ces extraits de ping-pong verbal que se livre le couple durant une nuit, raconte bien leur position antagonique. D’un côté, Pierre, gynécologue respectable et respecté jusqu’au scandale, prône le contrôle des pulsions par la raison et la vie tranquille, faite de petites attentions. De l’autre côté, Mathilde a soif de sensations, d’imprévus et de désir sans entrave. Elle dit: “La tendresse, c’est ce qu’on donne quand il n’y a plus rien et moi je veux tout.” Echange intéressant qui pose la question du poids de la responsabilité et des carcans parfois étroits qui sont garants de la stabilité de la collectivité.

L’individu face à la société
Un autre sujet divise le couple: Mathilde va-t-elle écrire le récit de cette transgression? Elle assure que non, lui pense que oui, car lance Pierre, “tu fais du style avec la douleur du monde”. Là, c’est la position de l’écrivain miroir qui est questionnée. L’écrivain qui, souvent, vit pour écrire ou en tout cas écrit ce qu’il vit… Véronique Olmi est brillante dans cette manière de tourner autour de ces sujets complexes qui opposent aspirations personnelles et impératifs de société.
Face à face, donc, au Théâtre des Amis, Françoise Courvoisier et Christian Gregori. Le comédien genevois, une tronche et une allure, est un habitué de ces personnages cassés et désenchantés. Il prête à son Pierre une humanité plus blessée que bornée, même si le chagrin et l’orgueil le poussent parfois à des pics de mauvaise foi. On est émus de cette incompréhension de la situation, on le suit dans ses positions. Françoise Courvoisier, qui – incroyable! – continue à surprendre avec sa fraîcheur de jeune fille, son corps un peu bancal et ses élans juvéniles. C’est charmant, d’autant que Mathilde est décrite comme une femme-enfant toujours prête à s’envoler. (…)
MARIE-PIERRE GENECAND
11.05.2018

 

LE COURRIER

À propos d’Haldas Aufair

Aufair joue Haldas

Boulevard des Philosophes, Chroniques de la rue Saint-Ours, La légende des cafés, etc. Autant de textes de Georges Haldas (1917-2010), dans lesquels Maurice Aufair, 84 ans, s’est plongé pour en extraire un matériau théâtral. Jusqu’à dimanche, il est à découvrir dans Haldas Aufair sur la scène du Théâtre des Amis, à Carouge, dirigé par Françoise Courvoisier. Le comédien genevois y rend hommage à l’écrivain, qu’il a bien connu. Egalement traducteur, essayiste et poète, Georges Haldas, né d’un père italo-grec et d’une mère suisse, passa la majeure partie de sa vie à Genève, où une plaque salue désormais sa mémoire au 7 boulevard des Philosophes. Auteur d’une oeuvre prolifique et récompensé par de nombreux prix, il avait l’art de faire récit du quotidien, et des petites gens, au détour d’un café, avec ses mots de poètes.
CÉCILE DALLATORRE
16.10.2018

 

LE PROGRAMME.CH

À propos du Blues de la Bourgeoise

Françoise Courvoisier chante le blues…

A la tête du Théâtre de Poche pendant douze ans, la comédienne et metteure en scène Françoise Courvoisier interprète ses propres textes depuis une petite dizaine d’années, accompagnée à la guitare par Narciso Saúl. Créé pour une seule représentation au Poche de Genève en 2010, le spectacle musical Le Blues de la bourgeoise s’est joué avec succès au Théâtre Le Public à Bruxelles en décembre 2012, puis à La Manufacture des Abbesses à Paris au printemps 2016, et se donnera pour cinq représentations aux AMIS musiquethéâtre de Carouge du 31 octobre au 4 novembre 2018.

Entre théâtre et musique, Françoise Courvoisier, qui a repris les rênes du Théâtre des Amis en mars dernier, déroule un tour de chant fait d’histoires chargées de tendresse, de désir, et d’une bonne dose d’autodérision.

Quelle place tient la musique dans votre vie?
Mon rapport à la musique remonte à la prime enfance puisque mon père était violoncelliste et que la musique faisait partie de mon quotidien. Nous jouions tous d’un instrument dans la famille, pour moi c’était le piano. Notre grand-mère nous a donné nos premiers cours puis nous sommes tous allés au conservatoire, cela allait de soi. La musique est passée au second plan quand j’ai commencé à faire du théâtre professionnellement.

Vous écrivez des chansons pour d’autres depuis des années, qu’est-ce qui vous a amenée à vouloir les chanter en 2010?
J’ai commencé à écrire des chansons au hasard des rencontres, et lorsque j’ai débuté la mise en scène, j’ai créé plusieurs spectacles musicaux. Notamment pour Bérangère Mastrangelo et pour Philippe Mathey. J’ai eu envie de les interpréter lorsque j’ai réalisé qu’elles avaient des résonances profondes en moi. Le Blues de la bourgeoise contient des chansons que j’ai écrites au fil de ces vingt dernières années. Les plus récentes datent d’il y a deux ans. Elles ont été mises en musique par le guitariste argentin Narciso Saúl, mon partenaire sur scène, qui signe également les arrangements des chansons précédentes composées par Pierre Vincent, Arthur Besson, Lee Maddeford et aussi Marco Sierro.

Qui est cette bourgeoise? Dans quel univers nous emmène-t-elle?
Le Blues de la bourgeoise, c’est le titre d’une chanson, la première que j’ai eu envie de chanter, c’est peut-être pour ça que je l’ai choisie comme intitulé de ce tour de chant. Cette bourgeoise, c’est vous, c’est moi. Car même si on se veut bohème ou artiste, comparés à des gens du voyage ou des migrants par exemple, on est forcé de se rendre à l’évidence: nous sommes des bourgeois!Mais le spectacle ne parle pas que de ça, chaque chanson vous emmène vers un ailleurs. Je raconte des histoires intimes qui tournent autour des questions existentielles que nous partageons, comme l’amour, la mort ou le désir. Et pour moi la mort et le désir sont extrêmement rapprochés, puisque tout désir qui touche à sa fin nous entraîne inévitablement vers une sorte de “petite mort”.

Vos chansons sont-elles tout ou partie autobiographiques?
Cette femme n’est pas un personnage, je suis une porteuse de chansons. Ces histoires sont fictives, mais on peut dire qu’il y a une part autobiographique effectivement. Le déclic d’une chanson, c’est aussi parfois une histoire qui arrive à quelqu’un d’autre et que vous traduisez en chanson parce qu’elle vous touche. Une chanson, c’est un moment de vie.

Au cœur du spectacle, un texte d’Henri Michaux intitulé Clown.
J’adore ce texte depuis toujours, il me donne de l’énergie. J’avais abordé l’auteur il y a quelques années et ce texte me reste comme une ancre. Il dit qu’à partir du moment où on assume le fait de n’être qu’un grain de poussière, on se sent libre et tous les possibles sont là. Ce texte exhorte à ne pas avoir peur du regard des autres, du jugement. Et l’autodérision, symbolisée par le clown qui veut bien faire rire de lui-même, est la forme d’humour qui amène la légèreté que je recherche.
J’essaie de ne pas me prendre au sérieux parce la prétention m’exaspère. Je ne parle pas de l’ambition, qui pousse à se dépasser, mais de l’autosuffisance.

Un spectacle empreint de nostalgie également quand on lit dans la chanson Rouge vermillon aubergine: «Un jour on se dit que c’est fini. Que le dernier train est parti. Face au miroir on jauge les restes.»
Oui et non, parce que la chanson se poursuit ainsi: «Et puis voilà, qu’elle ou qu’il – car je le chante une fois pour les femmes et une fois pour les hommes – se rapplique la bouche en cœur et l’œil qui brille, un petit coup de rein et c’est reparti. C’est fou ce qu’elle est jolie la vie.» Vivre c’est des éternels recommencements aussi. Je connais des personnes qui sont tombées amoureuses à soixante-cinq ans. En somme, tant qu’on n’est pas mort, tous les espoirs sont permis!
ALEXANDRA BUDDE
26.10.2018

À propos de l’ouverture de LES AMIS, musiquethéâtre

A Carouge, musique et théâtre se conjuguent aux AMIS, Musiquethéâtre

Entre théâtre et musique, pourquoi choisir? Françoise Courvoisier lutte contre les étiquettes et propose une saison entre théâtre de texte, spectacles musicaux, soirées jazz et matinées classiques. A la tête du Théâtre de Poche pendant douze ans, Françoise Courvoisier a repris en mars dernier les rênes du Théâtre des Amis, fondé il y a une vingtaine d’années par Raoul Pastor. En ce début de saison, celle qui aime mélanger les genres comme les générations offrira notamment deux créations autour des grands noms de la chanson française: Vive la mariée! en septembre et Misogynie à part en décembre.

Et si, pour des histoires de calendrier, la première partie de saison sera plus orientée vers les spectacles musicaux, le théâtre aura la part belle en seconde partie avec, entre autres, le jeune Antoine Courvoisier pour une comédie avec Charlotte Filou, Christian Grégori pour un solo de théâtre, Claude Vuillemin pour la mise en scène d’une pièce anglaise très caustique de Martin Crimp, ou encore José Lillo pour une adaptation de Mémoire de fille d’Annie Ernaux avec la comédienne Caroline Gasser dans le rôle-titre.

Parlez-nous de ce lieu magique dans lequel vous vous trouvez.
J’ai assisté aux débuts du Théâtre des Amis, alors qu’il se situait à l’étage d’un petit café, rue Ancienne à Carouge: le Café des Amis. Quelques années plus tard, Raoul Pastor déménageait Le Théâtre des Amis Place du Temple, là où il se situe encore aujourd’hui. Cette petite scène de 80 places permet un rapport d’intimité entre la scène et la salle, les acteurs et les spectateurs. Les gens adorent ça! Le Théâtre des Amis a très vite connu un grand succès, grâce aussi à la fougue et au talent de son directeur.

En le rebaptisant LES AMIS musiquethéâtre en mars dernier lorsque vous avez repris le flambeau, vous avez choisi de marquer le lien qui unit ces arts.
J’ai des affinités avec le théâtre mais aussi avec la chanson, la musique classique et le jazz. A l’image de la saison dernière où un concert entièrement consacré à Prokofiev côtoyait le spectacle Complètement Dutronc, je souhaite décliner musique et théâtre sous toutes leurs formes.

En quelque sorte, vous retournez à vos premières amours, quand en 1997 vous fondiez le Théâtre La Grenade, dans l’ancienne SIP de Plainpalais.
C’est vrai que je retrouve aux Amis un peu de cet esprit de liberté et d’ouverture qui soufflait à l’époque dans les murs de La Grenade, qui a su inspirer de nombreux metteurs en scène. A la différence de La Grenade, le Théâtre des Amis a déjà vingt ans d’âge! Ce qui signifie un public fidèle, des moyens techniques professionnels, etc. Alors que La Grenade était un espace vide et vétuste… Mais je crois que c’est en faisant ce qui nous plait le plus, en programmant des spectacles qu’on peut défendre, qu’on arrive le mieux à convaincre le public.

Plusieurs spectacles musicaux composent ce début de saison, à commencer par Vive la mariée! qui réunira dès le 12 septembre Christine Vouilloz, Felipe Castro, Floryane Hornung (voix) et Moncef Genoud (piano).le 12 septembre Christine Vouilloz, Felipe Castro, Floryane Hornung (voix) et Moncef Genoud (piano).
Depuis Complètement Dutronc présenté en fin de saison dernière, j’avais vraiment envie de mettre en avant Christine Vouilloz, une superbe comédienne qui chante merveilleusement bien. Sa voix et sa personnalité ont été ma stimulation de base pour créer le synopsis du spectacle qui réunit les chansons de différents compositeurs-interprètes autour d’un mariage à la campagne. Lors d’une noce, les mariés se retirent parfois au fond du jardin pour se dire leur amour, tandis que d’autres invités se sentent un peu seuls, parce qu’ils viennent d’être quittés, ou parce que les enfants sont partis, ou encore parce que ce bonheur naissant donne un coup de vieux à leur propre couple… L’art de procurer une émotion à travers une chanson reste très mystérieux, et ne repose pas toujours sur une équation définie, or ça me plaisait de confronter dans ce spectacle des chansons dites à textes, de grands paroliers respectés comme Michel Jonasz, à des chansons beaucoup plus populaires comme celles par exemple de Joe Dassin. Dans la jeune génération, on a retenu Stromae, dont le texte est elliptique mais néanmoins profond.

Pensez-vous que les talents vocaux des comédiens sont sous-exploités en général?
J’aime beaucoup les «comédiens qui chantent». Ils s’attachent surtout à incarner les mots, penser ce qu’ils chantent… Ce n’est pas mieux que les «vrais chanteurs», c’est autre chose. Cela a du charme en tous cas.

Début octobre, vous recevrez le grand acteur Maurice Aufair pour un projet théâtral unique autour des textes de Georges Haldas, Prix Édouard-Rod 2004 pour l’ensemble de son œuvre.
Maurice Aufair a bien connu Georges Haldas – et le Théâtre des Amis également par ailleurs –, alors quand il m’a proposé ce projet, j’ai trouvé l’idée géniale. D’autant qu’on a rarement eu le plaisir d’apprécier les mots de Georges Haldas sur scène. Dans Haldas Aufair, le comédien reprendra les plus savoureux récits de l’auteur, tirés notamment de Boulevard des Philosophes et Chronique de la Rue Saint-Ours.

Et pour les mélomanes, la saison réserve dix nocturnes jazz et dix matinées classiques où le public découvrira de nombreux artistes régionaux.
J’ai surtout choisi de programmer des artistes qui ont du talent, jeunes et moins jeunes, connus et moins connus, dans un cadre qui est celui de la scénographie de la pièce en cours. J’aime détourner les formes artistiques et cela ajoute une dimension qui facilite l’appréhension que peut avoir un public qui n’a pas l’habitude de se rendre à des concerts classiques. Ainsi la première «matinée classique» recevra cet immense concertiste qu’est Jean-François Antonioli pour Les dernières œuvres pour piano de Chopin – les plus sublimes! – le dimanche 23 septembre à 11h00, sur l’herbe tendre du décor de Vive la mariée! La nocturne jazz du 11 octobre verra se produire Nicolas Lambert (chant et guitare) et Emilie Bugnion (saxophone ténor et contrebasse) dans la scénographie de Haldas Aufair. Et pour mieux confronter les arts et prolonger les soirées, les concerts de jazz auront lieu après le spectacle, le jeudi à 21h00. Pour la première nocturne du jeudi 20 septembre, nous entendrons Moncef Genoud et Ernie Odoom.

Un mot sur la formule originale d’abonnement que vous proposez?
C’est une formule souple que j’ai lancée spontanément dès le début de mon mandat le 21 mars, pour répondre rapidement aux demandes d’abonnement. C’est un Pass, accessible à tout moment de la saison et valable pour dix événements pendant toute une année, qu’il s’agisse de musique ou de théâtre.
ALEXANDRA BUDDE
29.08.2018

 

SCÈNES MAGAZINE

À propos de Mathilde 

Mathilde

Françoise Courvoisier, ancienne directrice du Théâtre de Poche à Genève (de 2003 à 2015), reprend les rênes du Théâtre des Amis à Carouge, sous le nom LES AMIS, musiquethéâtre. Le deuxième spectacle à y être présenté est la pièce Mathilde de Véronique Olmi, adaptée et jouée par Françoise Courvoisier, du 2 au 20 mai. 

Véronique Olmi, comédienne puis romancière d’origine niçoise, livre avec Mathilde une pièce poignante sur une femme, auteure célèbre, qui rentre dans son ménage après avoir purgée une peine de trois mois de prison pour avoir couché avec un adolescent de 14 ans. Face à son mari inquisiteur, elle devra trouver les mots justes pour expliquer et faire comprendre un acte qui aujourd’hui semble absolument inacceptable, non sans humour et mordant. Son dernier roman, Bakhita, a par ailleurs été finaliste du Goncourt et lauréat du prix du roman Fnac 2017.

Françoise Courvoisier, racontez-nous un peu ce nouveau projet “LES AMIS”.
Je suis tout d’abord extrêmement reconnaissante envers Raoul Pastor, l’ancien directeur, de m’avoir permis de reprendre son Théâtre des Amis pour pouvoir réaliser mon projet. Ce n’est donc pas une réouverture au sens strict, mais bel et bien l’inauguration d’une nouvelle mouture, baptisée “LES AMIS musiquethéâtre”, qui eut lieu le 21 mars de cette année, avec Complètement Dutronc, qui a réuni une dizaine de comédiens qui reprenaient les chansons de Jaques Dutronc, manière de lier musique et théâtre de façon programmatique. Comme j’ai une expérience et un amour tant pour le théâtre que la musique, je souhaitais proposer un lieu à Genève où des artistes avec ce double talent bénéficieraient d’un public. Cette salle est donc dédiée à la musique et au théâtre, avec, en sus des représentations, des matinées classiques – pour faire découvrir ce monde parfois trop confirmé à public de n riche – et des nocturnes jazz.

Comment en êtes-vous venue à adapter la pièce de Véronique Olmi?
J’ai rencontré l’écriture de Véronique Olmi à Avignon en 1998, avec la création Chaos Debout. Ébranlée par ses textes dont la musicalité m’a tout de suite frappée – et qui explique donc en partie le choix de l’adapter dans le cadre de ce projet music-théâtral – j’ai par la suite dévoré tout ce qu’elle a produit. J’avais du reste programmé son bouleversant Bord de mer, histoire d’une Médée moderne, au Théâtre e Poche, qui avait eu un impact durable sur le public. Mathilde, publié aux éditions Acte de Sud en 2003, poursuit la thématique du couple et de la femme “tragique” propre à son auteure. Elle a par ailleurs déjà été mise en scène au Rond-Point par Didier Long et au Théâtre Le Public à Bruxelles par Michel Kacenelenbogen. Mais les spectateurs prenaient peut-être trop cite le parti du mari, et c’est pour cela que Christian Gregori et moi-même avons décidé de créer une mise en scène qui ne soit pas moralisatrice envers l’acte de la protagoniste, Mathilde.

D’ailleurs, c’est vous-même qui jouez Mathilde.
Tout- à-fait! Bien que j’ai été très tôt comédienne, je m’étais promis désormais de ne pas mettre en scène et jouer… mais j’ai été si touchée par la pièce, que j’ai décidé de faire exception. Cette pièce me tient à coeur car, dans notre époque rigoriste, elle est contestataire: parler de sexualité débordante des femmes est aussi une manière de s’extirper de ce sexisme sous-terrain qui réserve ce genre de libido taboue aux hommes. Véronique Olmi désamorce d’autant plus la situation par son écriture fine et drôle, ce qui lui permet, en dépit de la situation bien spécifique dont elle parle, de s’adresser à tout un chacun. Car c’est au fond l’histoire d’un pardon et d’un amour qui pardonne.
ANTHONY BEKIROV
05.2018

 

LE CAROUGEOIS

Les Amis

La nouvelle directrice, pour le début de cette saison, s’adresse à son public par ces quelques propos:
Le Théâtre des Amis, fondé par Raoul Pastor il y a une vingtaine d’années, est devenu au fil des ans un rendez-vous théâtral incontournable pour un public nombreux, notamment grâce à la qualité artistique de ses productions.
Je me réjouis de poursuivre son oeuvre, avec pour objectif d’ouvrir cette petite scène carougeoise , à l’acoustique remarquable, tant à la musique qu’au théâtre.
Avant de diriger pendant douze ans Le Poche Genève, j’avais eu loisir de m’atteler à divers projets musicaux, qui ont développé en moi des affinités avec la chanson, la comédie musicale et les concerts classiques. Je me réjouis donc de partager avec vous ce programme particulièrement varié, faisant la part belle aux comédiens et aux musiciens.
D’ici à juin 2019, pas moins d’une trentaine d’artistes de tous les horizons et de toutes les générations se partageront l’affiche.
Voici déjà le calendrier des premiers spectacles prévus jusqu’à Noël.
Pour ceux qui le souhaitent, Le Pass musique-théâtre est désormais proposé à la place du traditionnel abonnement, donnant accès à dis spectacles ou concerts au choix, à un prix “très amical”, valable une année à partir du premier spectacle visionné.
Vous pouvez acquérir votre Pass musique-théâtre à n’importe quel moment de la saison, par téléphone ou par courriel. Je me permets également d’ajouter que plus que jamais, Les Amis ont besoin d’amis, nos moyens financiers étant actuellement très modestes. Si vous souhaitez apporter un soutien particulier en faveur de la réouverture de ce lieu mythique de Carouge, vous pouvez commander Le Pass Amis, qui vous donnera accès à un nombre illimité de représentations ou de concerts pendant une année entière.
C’est dans la joie de ces beau défi à relever que je vous adresse mes plus amicaux messages, en espérant que ce programme, riche en nouvelles créations, saura vous réjouir autant qu’il nous réjouit.

Les Amis vous proposent:
Le Blues de la Bourgeoise
Du 31 octobre au 4 novembre
Spectacle musical avec Françoise Courvoisier (voix) et Narciso Saul (guitare). Textes de Françoise Courvoisier, musiques d’Arthur Besson, Pierre Vincent, Lee Maddeford, Marco Sierro et Narciso Saùl
Un moment d’intimité partagée, des mystères de l’amour à la condition humaine: le rapport à la mort, au désir… mais toujours, selon la marque de fabrique de Françoise Courvoisier, avec un humour et un sens de l’autodérision salvateurs.
Au coeur du spectacle, un texte d’Henri Michaux (Clown) nous rappelle à quel point nous sommes à la fois tout et rien. Le Blues de la Bourgeoise est un tour de chant qui déborde de tendresse et d’humanité.
Créé pour une seule représentation au Poche Genève en 2010, ce spectacle de “chansons originales” s’est joué avec succès au théâtre Le Public à Bruxelles en décembre 2012, puis à la Manufacture des Abbesses à Paris au printemps 2016.
Depuis une petite dizaine d’années, la comédienne et metteure en scène Françoise Courvoisier interprète ses propres textes, accompagnée à la guitare par Narciso Saul.

Misogynie à part
Du 28 novembre au 23 décembre
Dire et chanter Brassens…
Avec Roland Vuilloz, Philippe Mathey, François Nadin (voix) et Narciso Saùl (guitare). Conception et mise en scène de Françoise Courvoisier, lumière de Rinaldo Del Boca
Les chansons de Brassens sont des pépites d’or. Ses textes comme ses mélodies demeurent un bonheur d’intelligence et de simplicité. Il chante ce que l’on n’ose pas dire avec des mots toujours justes. Il célèbre l’insoumission et la liberté de pensée, la beauté des femmes (avec parfois une certaine paillardise) et dénonce avec un malin plaisir l’hypocrisie, l’injustice, la lâcheté…
Trois “comédiens qui chantent”, bien connus des scènes romandes, se partageront le nectar d’un répertoire d’une richesse inépuisable.
Misogyne, Brassens? Oh! que oui et oh! que non! C’est bien la complexité de son rapport aux femmes, à la société et au monde qui nous intéresse. Chacune de ses chansons est le fruit d’une nécessité de dire. Dire l’amour de la femme comme son revers (Saturne, mais aussi Misogynie à part), la tendresse pour son semblable comme sa colère et son mépris (L’Auvergnat, mais aussi Le Temps ne fait rien à l’affaire)…
Horaires: mercredi, jeudi et samedi à 19h; vendredi à 21h et dimanche à 17h

Les matinées classiques
Le dimanche matin à 11h
une heure de musique suivie d’un apéro gourmand

Concert Ysaÿe
4 novembre
Six sonates pour violon seul, interprétées par Martin Reimann

Concert Ravel
25 novembre
Le trio pour violon, violoncelle et piano et deux sonates interprétés par François Sochard, Florestan Darbellay et Nicolas Le Roy.

Concert Bach
23 décembre
Trois suites de Bach pour violoncelle, interprétées par Florestan Darbellay.
CLAUDE MOREX
19.10.2018