1er – 18 OCTOBRE 2026
reprise à la Scène Caecilia
Horaires
Mardi, jeudi 19h • Mercredi, vendredi, samedi 20h • Dimanche 18h
Relâche lundi
Durée 1h40
La représentation de dimanche 18 octobre est complète.
Mise en scène, Elidan Arzoni. Jeu, Anna Budde. Lumière, Danielle Milovic
Traduction, Dominique Hollier et Séverine Magois. ©Daniel Calderon
La pièce Prima Facie est représentée en France par Marie-Cécile Renauld – agence MCR – en accord avec The Agency Ltd, London
Production Les Amis – Le Chariot / Scène Vagabonde Festival, avec le soutien de la Ville de Genève
Reprise hors les murs, Scène Caecilia
Rue Antoine Carteret 23, 1202 Genève
EN DEUX MOTS…
Tessa est une jeune et remarquable avocate, un ténor du barreau dont la spécialité est de défendre des hommes accusés d’agressions sexuelles. Elle gagne tous les procès, jusqu’au jour où sa vie bascule, suite à une agression dont elle est elle-même victime. Prima Facie (expression latine, propre à émailler des plaidoiries et signifiant : à première vue), interroge les fondements du système judiciaire à propos duquel la dramaturge Suzie Miller, elle-même ancienne pénaliste, parle d’un taux de condamnation pour les agressions sexuelles « pitoyablement bas ». Prima Facie, dans sa version anglophone, a été récompensée d’un Tony Awards à Broadway et d’un Laurence Olivier Awards à Londres.
Ce spectacle soulevant un sujet tabou, créé en avril 2025 aux Amis, a fait l’événement, grâce à l’efficacité de la mise en scène, sobre et précise, et à la maîtrise impressionnante de la jeune actrice Anna Budde.
LA PRESSE
La culture du viol et la justice / Cecile dalla Torre, Le Courrier, 12 octobre 2026
Anna Budde hypnotise dans le rôle d’une avocate pénaliste spécialisée dans les agressions sexuelles. Mis en scène par Elidan Arzoni. Prima Facie est à (re)découvrir à la Salle Caecilia, à Genève.
Prima Facie sonne juste : un récit à la barre des accusées bousculant la défense de la culture du viol et du patriarcat. De manière presque systématique, la faute est rejetée sur les femmes victimes d’agressions sexuelles durant les procès. Leurs mensonges seraient indéfendables, estropiant les faits dont elles se souviendraient mal, et pour cause, les mécanismes de défense psychologique brouillent souvent l’esprit lors de ce type d’abus.
L’incarnation de la brillante avocate pénaliste Tessa Ensler par la toute aussi brillante comédienne Anna Budde se joue jusqu’à la fin de la semaine à la Salle Caecilia, à Genève, et mérite le détour. Ce personnage vibrant se remémore ses plaidoiries pour défendre régulièrement les agresseurs, jusqu’à tomber elle-même dans le piège de la mécanique judiciaire. Il ne faut pas louper ce spectacle pour une comédienne joué dans l’ancien lieu de répétition de la Comédie du boulevard des Philosophes aujourd’hui dévolu aux compagnies de théâtre indépendantes, sous la direction artistique de Valentin Rossier. Anna Budde excelle dans cette mise en scène sobre d’Elidan Arzoni, qui fait la part belle aux jeux d’ombres et de lumière (Danielle Milovic) et aux fameux « noirs » du théâtre rappelant à leur façon les atrophies de la mémoire.
La pièce de l’autrice australienne Suzie Miller, à la fois juriste et formée en théâtre, saluée à Brodway en 2024, est une oeuvre remarquablement bien construite qui s’élève contre les inégalités de genre et de classe. Un morceau de bravoure relayé à Genève à sa sortie, qui méritait bien une reprise au Scène Vagabonde Festival. Un espace bourré de charme, avec ses rangées de « nouveaux » fauteuils récupérés par Materiuum, et son balcon à l’italienne.
À Carouge, un solo percutant dénonce un système judiciaire incapable de défendre les victimes d’agressions sexuelles / Marie-Pierre Genecand, Le Temps, 2 avril 2025
Dans «Prima Facie», de Suzie Miller, une jeune avocate condamne les contre-interrogatoires qui piègent les plaignantes. Anna Budde impressionne dans ce rôle de justicière