15 SEPTEMBRE – 11 OCTOBRE 2026
création
Horaires
Mardi, vendredi 20h • Mercredi, jeudi, samedi 19h • Dimanche 17h
Relâche lundi
Texte, Anton Tchekhov. Traduit du russe par Arthur Adamov. Mise en scène, Françoise Courvoisier
Jeu, Vincent Bonillo, Pierre Dubey, Bérangère Mastrangelo, Patricia Mollet-Mercier, Clarisse Morizot,
Pierre Omer, Juliana Samarine et Edmond Vuilloud. Avec la collaboration du scénographe Gilbert Maire
et du peintre André Kasper. Lumière, Rinaldo Del Boca. Musique, Pierre Omer. Son, Nicolas Le Roy
Production Les Amis – Le Chariot, avec le soutien de La Loterie Romande
EN DEUX MOTS…
ASTROV. L’homme a été doué de raison afin de multiplier ce qui lui a été donné, mais jusqu’à présent, il ne crée pas, il détruit… Il y a de moins en moins de forêts, le gibier disparaît, et le climat devient chaque jour plus rude. Chaque jour la terre s’appauvrit et s’enlaidit.
Une pièce saisissante d’actualité, notamment par le procès qu’elle fait de la destruction de la nature par l’homme. Mais il est aussi question d’amour, du temps qui passe et d’illusions perdues… Toujours actuels également les conflits de famille, où se mêlent rapports de domination et frustrations… Bref, il y a toute l’humanité à la fois splendide et terrifiante dans ce chef d’œuvre de Tchekhov, où le tragique de l’existence présente un caractère comique aussi désarmant que profond.
Quinze ans après une mémorable mise en scène de La Mouette au Théâtre Pitoëff, chaleureusement saluée par le public et par la presse, Françoise Courvoisier revient à un auteur qu’elle affectionne plus que tout autre.
EXTRAIT
ASTROV. Je peux comprendre qu’on coupe les arbres quand on ne peut pas faire autrement… Mais pourquoi s’obstiner à les anéantir ? Les forêts russes gémissent sous la hache, des milliards d’arbres périssent, les repaires des bêtes sauvages, les nids d’oiseaux se vident, les rivières s’ensablent, des paysages merveilleux disparaissent à jamais – et tout cela, tout cela parce que les hommes sont trop paresseux pour se baisser et ramasser le combustible. Il faut être insensé et barbare pour brûler dans son poêle toute cette beauté, pour détruire ce que nous sommes incapables de créer. L’homme a été doué de raison afin de multiplier ce qui lui a été donné, mais jusqu’à présent, il ne crée pas, il détruit… Il y a de moins en moins de forêts, le gibier disparaît, et le climat devient chaque jour plus rude… Chaque jour la terre s’appauvrit et s’enlaidit. Je suis peut-être un peu toqué, mais quand je passe à côté d’une forêt que j’ai sauvé du déboisement, ou encore quand j’entends les bruissements des jeunes arbres que j’ai planté de mes propres mains, j’ai le sentiment que le climat lui-même est un peu en mon pouvoir et que si, dans mille ans les hommes sont plus heureux, eh bien, ce sera un peu grâce à moi. Quand je plante un jeune bouleau, et que je le vois ensuite se couvrir de feuilles vertes et se balancer dans le vent, mon âme se remplit de fierté…